C’était évidemment pour nous (et pour un peu tout le monde
d’ailleurs) le point d’orgue de notre séjour au Pérou.
Et nous finissons en beauté nos « grandes » visites autour du
Monde…

Il appartient a cette famille des grandes cités perdues qui ne
peuvent laisser insensible l’ame d’un voyageur,
n’ayant rien perdu de son mystère, et dont sa situation
géographique exceptionnelle ne manque pas de faire oublier les
efforts que l’on a déployés pour s’y rendre et les
paysages merveilleux dont notre vision s’imprègne, une fois
au sommet, si proche du vide et des nuages…

Fut-elle une capitale religieuse, militaire, résidence
d’un empereur, ou juste un lieu de culte consacré au soleil ?
Tant de versions s’écoulent des livres et des paroles des
guides, que finalement, chacun se permet d’ériger sa propre
version au regard de ses perceptions personnelles…

Il semblerait aussi qu’au moment de leur conquête, les
Espagnols connaissaient l’existence de la cité, sans pour
autant présumer de son importance. Ce qui valut au site un total
désintérêt, suivi de trois siècles d’abandon, jusqu'à sa
découverte médiatisée en 1911 par l’archéologue anglais Hiram
Bingham.

C’est Pachacutec qui l’aurait fait construire au
environ de 1440, ainsi que tous ses avants postes, dont la
splendide forteresse de Ollantaytambo et son charmant village a
l’urbanisme typiquement Incas et entièrement
conservé.


Au moment de son apogée Machu Picchu regroupait quelques 2000
personnes, organisées en différents niveaux sociaux, eux meme
organisés autour d’une trilogie : Le soleil, la terre et
l’eau. Obsèdés par le déroulement du temps, ils observaient
le ciel et les Etoiles avec beaucoup d ‘attention et
connaissaient les dates des solstices (évènements majeurs) avec
précision.

Mais la cite fut abandonnée progressivement (du moins
c’est la théorie la plus logique) par crainte d’une
invasion des espagnols. Les habitants ayant appris la chute du
Cuzco en 1534 et les méfaits commis par les conquistadores, se
seraient décidés à aller se refugier ailleurs dans un endroit
encore plus difficile d’accès. On pense alors a
l’exceptionnel site, de Choquequirau, découvert aux mêmes
dates, mais encore largement préservé du tourisme, car
difficilement accessible. Surement encore plus majestueux que le
Machu Picchu, d’après les recueils des rares et chanceux
aventuriers qui auraient choisi cet itinéraire plutot que le Machu
Picchu, devenu inexorablement très très très touristique.

Voila donc notre prochain thème de retour au Pérou : Le trek du
chemin des Incas et Choquequirau à dos de mule.
Quant a nous, nous avons quitté Cuzco, pour visiter la vallées
sacrée, ses ruines, ses villages, ses sites archéologiques, ses
stupéfiantes salines, avant d’arriver a Ollantaytambo, avant
poste de la cite.




Puis nous n’avons eu d’autre choix que
d’enprunter la ligne ferroviaire de la honte ! Second coup de
gueule…en effet, il fut un temps ou la ligne Inca rail
permettait à des prix raisonnables de se rendre au village de Aguas
Calientes, ou Machu Picchu pueblo. Mais la société Orient Express,
déjà connue pour son luxueux trajet ferroviaire de Puno a Cuzco, a
racheté les droits d’exploitation de ce petit tronçon de 48
km (mais si juteux financièrement) et a imposé une tarification
touristique obligatoire. Ainsi les touristes ne sont plus autorisés
à monter dans le Inca Rail !! Alors que les touristes payent un peu
plus cher que les autochtones les entrées aux musées, les moyens de
locomotion, c’est normal, mais, qu’ils soient
contraints de se faire depouiller leurs bourses par des Trusts
étrangers, c’est une honte ! Figurez-vous que cela rend
le prix du km ferroviaire à 0,80 euros, alors que les prix mondiaux
tournent autour de 0,20 centimes d’euros le km…


Mais ce n’est malheureusement pas tout, Orient Express a
racheté les droits d’exploitation du Machu Picchu, et outre
les prix d’entrées astronomiques (c’est le cas de le
dire) certaines pratiques sont honteuses.
Aguas Calientes, passage obligé pour monter a la cité, est
engoncé entre trois vallées profondes ou coule bruyamment le rio
Urubamba. Nous nous sommes fait curieusement la réflexion, que ce
paysage ressemblait fortement aux fameux paysages Karstiques dont
Robin fut le spécialiste au Vietnam. Une sorte de baie
d’Along terrestre, aux pitons rocheux comme jaillis en fusion
des entrailles de la terre, et blablabla et blablabla !



Difficile de trouver plus vilain comme ville. Fabriquée de bric
et de broc, bringuebalant, évidemment sans aucun plan cadastral,
aucune vision d’extension, et ressemblant plutôt à une
favelas, suintante d’humidité. Bref, nous avons quand même
réussi à dégoter une chambre, quelque part entre plusieurs niveaux
d’escaliers à moitié finis, les lits d’une coté de la
ruelle, la salle de bain de l’autre…si vous voyez ce
que je veux faire comprendre.
Fou rire en depliant les serviettes fournies ...

Le but étant d’arriver sur le site à l’ouverture, à
savoir 6h00, et profiter ainsi, sans trop de touristes, de ce
moment magique… et il le fut, lorsque les premiers rayons du
soleil, illuminèrent les terrasses et la place centrale, verte
d’un gazon fluorescent, où broutaient quelques lamas
omnivores.

Pendant que Claire et Jade s’abreuvaient de ces instants
particuliers, presques seules sur le site, nous grimpâmes avec
Robin la montagne sacrée, dominant 700 mètres plus haut la cité et
son célèbre Waynu Picchu (piton rocheux) par quelques 2 300 marches
abruptes. Surement l’ascension de marche la plus dure que je
n’ai jamais faite, et le premier test physique important de
Robin)




La récompense fut totale, avec une vision féerique sur
l’ensemble des trois vallées, par un ciel turquoise, et la
vue des hauts sommets enneigés à l’horizon.

Apres 6 heures passées sur le site, et ses nombreuses marches,
il fallait penser au retour et à cette descente d’escalier de
plus de 1 700 marches… en famille cette fois.

Inutile de vous dire que le chemin du retour à Cuzco fut
silencieux, et que nous nous sommes couchés de bonne heure, le
visage béat…
Le Ché Picchu
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